URBANISME
Quand on fait l’évaluation des réalisations urbanistiques de ces 20 dernières années, il n’y a rien à montrer à part des réalisations dans le cadre des Contrats de Quartier. Où est le bilan ? On trouve plein de plans, d’études, de schémas, mais lorsqu’il s’agit de passer à la mise en oeuvre, ça coince. L’exemple des schémas directeurs de Tour et Taxis et Botanique sont parlants à cet égard : des tentatives de planification volontariste mais une fois que l’étude est finie, elle est aussi vite rangée dans les tiroirs et personne ne semble s’en souvenir. Paradoxalement, aux endroits où rien n’est prévu en termes de planification, on voit d’importants projets immobiliers se réaliser (centre commercial au Marché Matinal, projet Kinetix sur l’ancien îlot Aeropolis à Schaerbeek).. Disturb recommande donc :
ADT
=> De procéder à une évaluation objective du système de « fabrication de la ville » .
Créer un “ORGANIGRAMME DE REPARTITIONS DES COMPETENCES”
Pourquoi ça ne marche pas et quelles seraient les conditions à mettre en place pour que ça marche ? Cette évaluation doit porter tant sur les outils urbanistiques bruxellois que sur les acteurs et les relations qu’ils entretiennent entre eux. Cette évaluation devrait conduire à une refonte du système actuel et à la proposition d’un nouvel ORGANIGRAMME DE REPARTITIONS DES COMPETENCES dans le domaine de l’urbanisme, tant entre communes et régions, qu’au sein des services, agences et administrations régionales.
=> Renforcer les compétences de l’Agence de Développement Territoriale (ADT).
Transférer les compétences urbanistiques des autres administrations : AATL, ADT,IBGE, etc. pour en faire un outil transversal.
L’ADT ne doit pas être un outil supplémentaire à côté de ce qui existe : la volonté de faire de l’ADT un coordinateur des autres administrations ne fonctionnera pas (voir expérience ratée de la cellule ZIR au sein de l’AATL). A Anvers, par exemple, le “Stad Bouwmeester” a reçu une partie des compétences du fonctionnaire délégué. Il s’agit donc de lui transférer les compétences existantes des autres administrations, pour en faire un outil transversal qui pilote la globalité des projets urbains. Actuellement, L’ADT est une “asbl”. Quel pouvoir a-t-elle face à des administrations ? Il s’agira donc aussi de renforcer son statut et son pouvoir.
=> Mettre à sa tête une personnalité forte, indépendante, compétente et respectée par les milieux urbanistiques.
Le meilleur outil ne fonctionnera pas sans une direction qui soit reconnue au niveau professionnel. Bordeaux et Strasbourg, par exemple, ont pu compter sur l’urbaniste Francis Cuillier (Grand Prix d’Urbanisme 2006), une personnalité exceptionnelle qui a pu imposer des avancées importante en mobilité (le tram à Strasbourg et à Bordeaux), des Plans d’agglomération, etc.
PRD
=> Un projet fort, pas la somme de compromis et de volontés additionnés. Le PRD doit défendre une « idée de ville » qui soit claire et volontariste.
=> Le projet de ville doit être porté par un groupe de personnalités capables d’en définir la vision et l’ambition. Le PRD ne doit pas devenir un outil technocratique creux (cfr PRD 2).
Mandater un groupe de personne pour réfléchir la ville dans 15 ou 20 ans. Il faut d’abord avoir l’idée de la ville que l’on veut, puis après savoir comment on va y arriver. On parle d’une “ville durable polycentrique”, il s’agit de la définir (quels sont ces centres ?) et ensuite la décliner physiquement sur un plan qui va en intégrer toutes les dimensions (par exemple la mobilité en fonction des choix de territoires qui seront à desservir de manière prioritaire, etc..).
=> L’ADT, avec des compétences renforcées, devra assurer le support du du groupe de personnalités. Elle participera et alimentera la réflexion. Elle formalisera in fine l’idée de ville dans un document final.
GOUVERNANCE
=> Régionaliser au sein des compétences “Mobilité”, “Urbanisme” et “Espace Vert” celles qui revêtent une dimension régionale.
Il est contre productif que la Ville de Bruxelles développe dans son coin des études urbanistiques sur le plateau du Heizel ou gère le bois de la Cambre. Ou que Saint-Josse développe un plan de mobilité sans coordination régionale. Rien ne pourra véritablement fonctionner en terme d’urbanisme tant que ces compétences ne seront pas régionalisées.-
ARCHITECTURE
Malgré les efforts timides de la précédente législature, il n’y a toujours pas à Bruxelles de projets importants de qualité. La Région entend pourtant se profiler comme une ville internationale, capitale de l’Europe. La gestion du plan logement, avec des marchés de promotion ou encore le marché pour les bureaux du parlement de la Cocof rue du Lombard, démontre l’absence de volonté politique de créer une culture architecturale. Disturb recommande donc :
BOUWMEESTER
=> Créer une culture architecturale
Le Bouwmeester et son équipe disposent de différents outils pour améliorer la qualité des constructions et des espaces publics : concours pour les marchés publics d’architecture, formation de fonctionnaires, publications prospectives ou relatives à des réalisations, mise en place de débats, etc.
=> Donner la possibilité au futur Bouwmeester de mettre en place des procédures privilégiant le débat et la qualité architecturale, selon le “Vade Mecum” pour les marchés d’architectures édité par la Région Bruxelloise.
Cela nécessite la mise en place de projets publics innovants. Le Bouwmeester supervise les processus de définition de projets, de programmation, et l‘organisation de concours d’architecture et d’urbanisme. Il doit être légitimé dans sa fonction par un soutien politique fort.
=> Etendre l’organisation des marchés du Bouwmeester aux projets importants des Communes.
PLAN LOGEMENT
Malgré une conjoncture favorable, le plan logement est une occasion ratée de la précédente législature et son plus gros échec. Les recommandations de notre séminaire “En Brik ?” restent d’actualité et devrait inspirer le prochain Ministre.
=> Etudier d’une façon globale les opportunités d’implantation urbanistique du logement social. L’intégrer dans la démarche d’un nouveau PRD
=> Séparer les marchés “architecture” et “construction”, afin que des processus supervisés par le Bouwmeester produise de la qualité architecturale.
=> Renforcer les exigences en matière d’isolation, montrer l’exemple pour des bâtiment à destination d’un public défavorisé.-
PARTICIPATION
La participation dans le projet urbain est un outil en plein développement mais qui rencontre encore des réticences à cause de nombreux malentendus. Les mandataires n’en veulent pas, car ils pensent déléguer leur pouvoir de décision. Certains habitants y voient de la manipulation. Certaines associations y voit une concurrence qui leur ferait perdre leur pouvoir d’influence. Or, la “Participation” n’est rien d’autre qu’un outil d’aide à la décision, une façon de créer de la transparence, de établir une expertise et d’impliquer les citoyens dans le projet urbain. Avec la “Plateforme Participation”, Disturb recommande donc :
=> Intégrer des processus participatif autour d’un nouveau Plan Régional de Développement.
=> Créer une cellule transversale de la participation au sein de l’administration régionale.
=> Création d’un "centre de connaissance" et d’accompagnement du type “Bouwmeester” qui piloterait certains processus